Sant Joan de Seners

Com un nial posat en un niu de verdura,
Sembla que està nomè spels ocells del voltant,
Esperant que algun d’ells se pari per ventura
I, desde un finestro, t’alegri de son cant.

Mès ta nau, Sant Joan, estreta i fosca
Es mès que un confident de merla o passerell
I ta volta de roc en la clotada fresca
Guarda tant de secrets que un cartulari vell.

Del poble de Seners, sabes tota la vida
La vida que van fer nostres avants passats
De quatre pams de terra a vora un riuneixida
Entre el perfum del bosc i dels raïms sucrats.

On tot ara es desert, has vist parets a pujar
I cases a espellir amb el goig del jovent ;
Aquell cami que arriba arran del teu llindar
L’has conegut carrer on feia rall la gent.

De tothom has marcat al pas de cada dia,
Repartint el treball i el descans com convé ;
La veu de ta campana haura dit l’alegria
Que ha conegutcadescu, i la pena, també….

Ara tot es desert i nomès ta capella,
Com un vaixell perdut en un mar de fullam,
Indica l’anticlloc on una font vermella
Encara s’enraona amb el vent del brancam.

Oblidat Sant Joan en ton niu de verdua,
Volejat pels ocells al marge del timbau…
Nosaltres que també, somo cells de ventura,
Venim en ton paratge en busca de ta pau.

Traduction :
Comme un « foyer» posé sur un nid de verdure,
Il semble que tu n’existes plus que pour les oiseaux qui t’entourent,
Espérant que l’un d’entre eux s’arrête par chance
Et, depuis une petite fenêtre, te réjouisse de son chant.

Mais ta nef, Sant Joan, étroite et obscure
Est plus qu’un confident de merle ou passereau
Et ta voûte en pierre fraîche dans son creux
Garde autant de secrets qu’un vieux cartulaire.

Du peuple de Seners, tu en connais toute la vie
La vie que firent nos ancêtres
A quelques mètres de là une rivière naquit
Entre le parfum des bois et des raisins sucrés.

Là où tout est désert à présent, tu as vu monter des murs
Et des maisons s’entre ouvrir avec la joie de la jeunesse ;
Ce chemin qui arrive près de ton seuil
Tu l’as connu dans la rue où les gens bavardent

A chacun tu as marqué le pas de tous les jours
En répartissant le travail et le repos comme il le convient,
La voix de ta cloche aura chanté la joie
Que chacun a connu, et la peine, aussi…

Aujourd’hui tout est désert et juste ta chapelle
Comme un navire perdu dans une mer de feuillage,
Indique l’ancien endroit où une fontaine rouge
Parle encore avec le vent des branchages

San joan oublié dans ton nid de verdure
Survolé par les oiseaux en marge du tambour
Nous aussi, nous sommes des oiseaux sans destin précis
Nous venons en ton lieu à la recherche de ta paix.

Francis Català

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